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International | 29.07.2010

France : ces "gens du voyage" qui dérangent

 

En France, les "gens du voyage" sont au centre d'un vif débat politique. Nicolas Sarkozy organisait mercredi à l'Élysée une réunion qui leur était consacrée. L'opposition dénonce une "dérive sécuritaire et xénophobe".

 

Le gouvernement français et le président Nicolas Sarkozy se sont attelés ces derniers jours à l'un de leurs sujets de prédilection : la sécurité. Et la cible de leurs nouvelles mesures, ce sont les gens du voyage. Cette expression de "gens du voyage" est utilisée pour désigner des populations de tradition nomade, mais qui, pour certaines, vivent depuis longtemps de manière sédentaire.

Les grands rassemblements de nomades sont souvent l'occasion de tensions avec les populations localesBildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  Les grands rassemblements de nomades sont souvent l'occasion de tensions avec les populations locales

C'est le cas de la grande majorité des gens du voyage en France, qu'il s'agisse de gitans, de manouches ou de tsiganes. Et puis il y a les Roms, venus d'Europe de l'Est, principalement de Roumanie et de Bulgarie. On estime que ces différentes communautés représentent environ 400.000 personnes en France.

Mercredi, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a convoqué une réunion ministérielle pour discuter des "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Pour le président, il est important que tout soit mis en œuvre "pour éviter le risque d'un amalgame injuste entre les délinquants et la majorité des gens du voyage".

Un fait divers à l'origine du débat

Mais cet amalgame est omniprésent dans le débat public. Les gens du voyage souffrent de préjugés tenaces, et pas seulement en France. Des préjugés selon lesquels ils seraient tous des voleurs, en tout cas des personnes dont il faudrait se méfier.

Et la manière dont a débuté le débat actuel entretient la confusion. Le 16 juillet, un jeune gitan a été tué par balle par un gendarme lors d'un contrôle routier. C'était à Saint-Aignan, une petite ville du centre de la France, où une importante communauté gitane vit depuis plusieurs générations. En réaction à la mort du jeune homme, ses proches s'en sont pris violemment à la gendarmerie de la ville.

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux veut empêcher le retour des expulsésBildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux veut empêcher le retour des expulsés

Désormais, c'est l'ensemble des gens du voyage qui est concerné par des mesures de répression. Ainsi, 300 camps illégaux vont être évacués dans les trois mois à venir, alors que la France ne respecte pas ses propres engagements en matière d'aires d'accueil.

Le gouvernement compte par ailleurs expulser du territoire français les nomades étrangers ayant commis des atteintes à l'ordre public. Et puis des inspecteurs des impôts vont être chargés de contrôler les occupants des camps illégaux.

Dans l'opposition, le parti socialiste, dénonce ces mesures comme une "dérive sécuritaire et xénophobe". L'association SOS Racisme parle d'un "festival de clichés éculés". Mais la Commission européenne a fait savoir qu'elle approuvait les démantèlements de camps et les expulsions de délinquants vers la Roumanie et la Bulgarie. Le gouvernement bulgare soutient d'ailleurs Paris dans cette affaire.

Auteur : Sébastien Martineau
Edition : Cécile Leclerc

 
 

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